Le Blogue

par Patricia Dorval

Pourquoi cet engouement?

The Guardian
photo: The Guardian

 

Le soir du 26 février dernier, comme à peu près 70% des gens de la planète – le 30 % restant, est la somme de ceux qui n'ont pas de télévision-- j'étais accrochée à ma 42 pouces écran plat, à regarder la cérémonie des Oscars. Trois heures et des poussières car, je me suis aussi tapé la «pré-cérémonie», bien sûr! Pour voir les tenues flamboyantes des actrices. Hey oui! Je suis une fille et j'aime les choses de filles!

Alors, trois heures à regarder ces créateurs d'images et ces fabricants de sentiments, venir récolter le fruit de leurs labeurs! Je comprends que pour eux, après des mois de travail voire des années, «non conventionnels», des heures interminables passées sur les plateaux de tournage, parfois sous des conditions difficiles et parfois plus aisées - petite confidence: l'humoriste américain Chris Rock, a déclaré que le travail de doubleur vocal était très facile et qu'en plus, il se faisait payer des millions pour ça! Pour ces créateurs, je comprends que cette soirée soit très attendue et fort excitante.

Mais nous! Quand est-il de nous, simple spectateur? Pourquoi sommes-nous tant jubilés par le septième art? Pourquoi aimons-nous autant regarder les histoires des autres? Pourquoi nous captivent-elles?

Sur quoi se base-t-on pour déclarer qu'un film est un chef d'œuvre ou un citron?

Quels sont les ingrédients parfaits pour créer un bon film?

Pourquoi sommes-nous tant fascinés à regarder défiler la vie de nos semblables?

Après tout, un film est une observation de la vraie vie. Une inspiration de la vie réelle.

Peut-être que nous aimons tant les films parce qu'ils nous mettent dans une position d'observateur, satisfaisant ainsi notre côté voyeur? Ils ne nous engagent en rien mais interpellent un je-ne-sais-quoi dans notre fort intérieur! Ils nous obligent à prendre du recul et nous disent: «hey! J'ai quelque chose à te raconter. Donnes-moi ton attention pendant cent vingt minutes. Tu n'as rien à faire. Juste regarde. Détends-toi.»
 
Ils nous ramènent à des sentiments vécus et oubliés. Ils sont inspirés de «faits vécus» pour certains ou simples fantaisies pour d'autres. Ça revient au même; ça sort de l'expérience, la psyché humaine.

Après tout, ce qui nous bouleverse, c'est de voir un homme sourire, mourir, souffrir et s'en sortir! Du coup, ça nous ramène à notre propre existence. Ça nous ramène à notre propre signifiance. Ils nous ramènent à notre propre «humain-nité».
 
C'est l'Homme dans son entièreté, qui est au centre de l'histoire.

On peut quasi dire qu'un film, est la célébration de ce que nous sommes au fond!
 
Et les cent vingt minutes accordées, nous permettent simplement le lâcher-prise, la neutralité et la tranquillité d'esprit nécessaire pour admirer notre complexité et retrouver notre beauté oubliée.

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